Fintechs et Banques : un duo gagnant ?

Favorisé par la Loi Macron sur la mobilité bancaire entrée en vigueur en février 2017 et la DSP2, le secteur bancaire est en train de connaître une profonde mutation. Ce secteur très réglementé dominé, il y a quelques années encore par les banques traditionnelles, a assisté dans les années 2000 à l’arrivée des banques en ligne, puis, depuis 5 ans à l’apparition des banques « nouvelle génération » : les néobanques.

 

Une révolution digitale en marche

L’arrivée de ces néobanques a bouleversé le secteur bancaire en intensifiant la concurrence, au grand dam des grands groupes bancaires, mais pour le bonheur des clients qui découvrent des tarifs très compétitifs et des services toujours plus innovants.

Si les néobanques arrivent à séduire les clients des banques traditionnelles c’est qu’elles proposent un parcours client simple, intuitif, souvent 100% mobile. Dans un univers ultra connecté où les ¾ des Français possèdent un smartphone, leurs offres centrées sur le consommateur répondent parfaitement à leurs besoins et à leur mode de consommation.

Pour conserver leurs parts de marché, les grands groupes bancaires accélèrent la transformation du modèle bancaire traditionnel en misant notamment sur la digitalisation de leurs services et le développement de nouveaux usages. Cette stratégie de digitalisation nécessite parfois la fermeture de certaines agences beaucoup moins fréquentées qu’autrefois ; BNP a ainsi annoncé la fermeture de 200 agences d’ici 2020, BPCE 400 et LCL 250.

 

Fintechs : Ces nouveaux « coopétiteurs » 

Le lancement des banques en ligne avait poussé les banques traditionnelles à réagir et à s’armer face à la concurrence, en rachetant ces nouvelles banques (Boursorama par Société Générale, Fortuneo par Crédit Mutuel), en lançant leur propre banque en ligne (BNP avec Hello Bank) ou en offrant de nouveaux services web.

Face à cette révolution digitale, les grands groupes bancaires décident de racheter des fintechs dans le but de proposer des services toujours plus innovants avec une meilleure expérience client.

François PEROL, patron de BPCE, définissait les fintechs comme des « partenaires et concurrents, qui constituent une partie de [leur] R&D, et auxquelles [ils peuvent] apporter du capital, des capacités technologiques, des capacités de distribution et des capacités réglementaires ».

BPCE a ainsi racheté Le Pot Commun, un service de cagnotte en ligne, Fidor, une banque mobile allemande et PayPlug une solution de paiement en ligne et mobile sécurisée. La Banque Postale a quant à elle racheté KisskissBankbank ; et la banque de la rue d’Antin a mis la main sur La Financière des Paiements Electroniques avec le fameux Compte Nickel.

Souvent présenté comme le « mariage de la carpe et du lapin », le mariage de BNP et Compte Nickel illustre parfaitement le bouleversement observé sur le marché bancaire avec l’arrivée des néobanques et le rachat de celles-ci par les « géants bancaires ».

Une stratégie gagnant-gagnant nécessaire avec l’arrivée des acteurs de la grande distribution tel que Carrefour avec C-Zam le 18 avril et des télécoms avec le lancement d’Orange Bank et d’Altice Bank.

 

Nadia Adel | Consultante Partelya Consulting

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