En France, « 9 % des fondateurs de fintech sont des femmes », selon France Fintech

France Fintech a présenté, le 4 avril 2019, les résultats de son étude « Mixité dans la fintech : où sont les femmes ? » réalisée via un sondage auprès de 97 professionnels de la fintech en France, auquel s’est ajouté un deuxième volet dédié exclusivement aux femmes avec 50 réponses puis 24 entretiens individuels avec des professionnelles de l’écosystème français. Bilan : si la fintech suscite beaucoup de promesses, la place des femmes est encore relativement limitée, notamment dans les postes de direction.

  • 34 ans.
  • 0,7 enfant.
  • 9,4 ans d’expérience totale.
  • 3,4 ans d’expérience en fintech.
  • 68% de formation en école de commerce.
  • 66% souhaitant une formation complémentaire.

Tel est le profil-type des femmes dans la fintech, selon l’étude réalisée par France Fintech avec la collaboration de Roland Berger et Arkéa. « En 2019, 33% des équipes de la fintech française étaient constituées de femmes, dont seulement 9% en tant que fondatrices de leur société. Elles ne sont que 12% à diriger ce type d’entreprise en France. Sur les dix-neuf co-fondateurs de fintech françaises ayant réalisé les levées de fonds les plus significatives en 2018, une seule levée incombe à une femme (soit 5% de l’effectif total) », détaille l’étude. Une situation qui n’est pas propre à l’Hexagone puisqu’aux Etats-Unis, par exemple, seuls 16% des fondateurs de start-ups sont des femmes, dont 2% évoluent dans le secteur des services financiers et 2,5% ont des équipes de fondateurs exclusivement féminines. Le constat de France Fintech est sans appel : « dans le monde entrepreneurial, les femmes sont encore moins présentes dans les fintechs, qui subissent la « double peine » des lacunes propres au secteur de la finance comme de la technologie ». Parmi les causes de cette réalité : l’éducation et les biais d’orientation présents dès le collège, favorisant l’orientation des garçons vers les filières scientifiques ; la représentation culturelle du milieu financier, bancaire et technologique qui en découle, plus hermétique à la participation des femmes ; et le phénomène d’intériorisation de plusieurs mécanismes d’autocensure par les femmes, qui influencent leurs choix de carrière, notamment entrepreneuriaux.

Déconstruire les préjugés et les biais cognitifs

Une situation dommageable lorsque l’on prend en compte le fait que la structuration de l’écosystème fintech offre des opportunités de féminisation, à bien des égards, suivant par exemple la féminisation du secteur bancaire, en progression, ainsi que l’accélération de tendances propre à cette activité. D’où la volonté d’entreprendre des actions et de s’insérer dans une démarche proactive pour initier des changements structurels et opérationnels pour féminiser le secteur des fintechs. Parmi les propositions mentionnées dans l’étude figurent notamment des objectifs chiffrés de mixité dans l’éducation et la formation avec le développement du mentorat et de formations professionnelles ciblées pour les femmes, la création de fonds dédiés pour les sociétés de femmes entrepreneures, ou encore le temps de travail aménagé pour l’ensemble des personnels.

Toute aussi importante, la déconstruction des préjugés et des biais cognitifs passera, selon l’étude France Fintech, par des duos hommes/femmes dans le recrutement, la constitution d’équipes paritaires lors de remises de prix, de concours ou encore de conférences, la création d’équipes pédagogiques formées pour briser les stéréotypes ou encore les indicateurs sexués dans les bilans sociaux annuels (promotion interne, turnover, égalité salariale…). L’objectif de féminisation des métiers du numérique, partagé par les pouvoirs publics et de nombreuses associations françaises et européennes comme respectivement Digital Ladies & Allies ou encore l’European Women Payments Network (EWPN) pour le marché des paiements, apparaît ainsi comme l’un des principaux enjeux de transformation sociétale et de modernisation sectorielle de notre époque.

Andréa TOUCINHO

Pôle Études | Partelya Consulting

 

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