Le salon Trustech 2025 s’est déroulé du 2 au 4 décembre à Paris Porte de Versailles. Dédié à un public international, cet événement a accordé une grande place au sujet paiement avec, en termes de focus, une large analyse du sujet de la souveraineté.
« La fragmentation des paiements reste importante en Europe ».
Tel a été le constat dressé par les speakers de la « payroom » du salon Trustech 2025, le 3 décembre au matin. Partant de cette réalité, ces derniers ont convergé sur le fait qu’il est nécessaire de préserver une « liberté de choix » pour le consommateur en matière de paiement en accordant une place à l’ensemble des instruments, y compris les espèces. Car la souveraineté ne repose pas uniquement sur l’idée de créer quelque chose de nouveau : elle vise aussi à protéger les outils existants. D’autant plus dans un contexte marché marqué par l’importance de la concurrence, élément déterminant pour beaucoup d’acteurs, notamment les retailers.
Parmi les atouts actuels intervenant en faveur des travaux et réflexions sur la souveraineté figurent notamment EPI Company et EuroPA, qui participent à une harmonisation européenne des moyens de paiements ; le projet euro numérique ; sans oublier la régulation, qui intervient sur deux éléments clés pour la pérennité du secteur : la confiance et la résilience. N’oublions pas également la capacité à fournir une expérience client efficace et la volonté des banques de gérer les paiements en interne. Preuve que le pragmatisme est de mise, actuellement, sur le sujet de la souveraineté. Car si, il y a quelques années, ce domaine était perçu comme relativement politique et institutionnel, il est désormais une préoccupation centrale de l’ensemble des acteurs, côté offre comme côté demande, et émanant aussi bien de la sphère publique que de la sphère privée.
Dès lors, comment aller plus loin dans ces travaux et réflexions sur la souveraineté ? La plénière paiement Partelya Consulting du 4 décembre 2025, sur le thème de l’instant payment, qui a réuni plusieurs professionnels du paiement basés dans différents Etats européens, a permis de faire émerger plusieurs recommandations dans ce domaine :
- L’importance de la communication, notamment grand public (sujet déjà identifié dans plusieurs géographies comme le Luxembourg et le Portugal avec de véritables programmes de sensibilisation dans le domaine de la sécurité ou encore des innovations)
- Favoriser le partage d’expériences entre Etats européens (permettant ainsi de travailler de façon pragmatique à l’harmonisation des usages en Europe)
- Réfléchir à l’interopérabilité, non seulement européenne mais également cross-border, dans un contexte où les innovations liées au paiement ne sont plus seulement régionales mais véritablement globales (exemple : l’instant payment qui est un sujet d’importance majeure aussi bien en Europe qu’au Brésil)
Car si la souveraineté européenne se veut une mesure favorisant l’autonomie de l’UE dans un secteur hautement stratégique, elle ne signifie par pour autant un repli sur soi et une forme de protectionnisme. La souveraineté européenne dans le domaine des paiements doit ainsi être également perçue comme un vecteur permettant d’asseoir la présence de l’Europe dans un écosystème résolument globalisé.
Andréa Toucinho
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