L’open banking : un catalyseur pour le développement du crédit ?

Comment l’open banking peut-il constituer une valeur ajoutée et un élément différenciant dans le marché du crédit ? C’est l’hypothèse qui a été adressée par le pôle de compétitivité Finance Innovation à l’occasion d’un événement organisé le 10 mars 2022 au matin dans les locaux de la Place Fintech au Palais Brongniart à Paris.

L’open banking est un atout clé pour le développement de l’activité crédit à la fois dans les segments BtoB et BtoC. Telle a été l’opinion convergente de l’ensemble des intervenants à la conférence organisée par Finance Innovation à Paris le 10 mars 2022 au matin. Réunissant les sociétés Yapily, Basikon, Algoan, Area42 and Silvr, la session a permis de mettre en exergue les points forts de l’open banking par rapport aux réalités de l’univers du crédit.

Performance et évolution du scoring

L’un des points saillants ayant été abordé par les professionnels de ce secteur n’est autre que la sécurité. L’open banking, en tant que paradigme ouvert, serait ainsi un atout majeur pour passer d’une vision partielle à une approche à 360 degrés d’un demandeur de crédit, qu’il soit particulier ou entreprise. Promesse qui suppose deux prérequis à savoir, d’une part, le consentement du client et, d’autre part, une certaine exigence dans la qualité du traitement des données. « L’open banking permettrait ainsi d’avoir accès à certaines informations majeures sur un demandeur de crédit, par exemple le patrimoine et les revenus dont il dispose et ce, même s’il n’est pas en CDI, ou encore l’historique de son activité professionnelle », illustrent les intéressés. A terme, l’open banking pourrait ainsi aboutir à une plus grande sécurité et une meilleure performance de ce secteur d’activité, particulièrement au niveau de verticales émergentes, à l’image du buy now pay later (BNPL) s’apparentant à une nouvelle forme de crédit à la consommation.

Autre aspect essentiel, la propension de l’open banking à apporter une approche plus agile et flexible dans le domaine du crédit. « Un client qui souhaite effectuer une demande de crédit immobilier, par exemple, reste soumis à un certain cadre : il doit la plupart du temps être en CDI et avoir validé sa période d’essai, travailler dans un secteur stable, etc. », rappelle ainsi la société Yapily, représentée par Mohsen Dajani, head of sales France et Belgique. Grâce à l’open banking, une plus grande flexibilité sera possible puisque les entités financières auront accès à l’ensemble des données financières des futurs souscripteurs. Cela sera sans nul doute favorable à l’inclusion financière de certains segments de population historiquement exclus du crédit à l’image des professionnels travaillant en CDD ou en interim, ou encore les expatriés.

Inclusion financière

Favoriser un marché du crédit plus inclusif et responsable semble être l’une des promesses de l’open banking, à moyen/long terme. Sur ce sujet, les professionnels de ce secteur s’appuient notamment sur l’exemple britannique qui a, dans ce domaine, « deux à trois années d’avance par rapport à la France ».  « Au Royaume-Uni, 5 millions de consommateurs utilisent l’open banking dans le domaine du crédit », indiquent les intéressés, ajoutant que cela témoigne du fort potentiel qui subsiste dans l’Hexagone. A cela s’ajoute la situation de l’open banking en Europe : si une certaine fragmentation existe en termes de rythmes et de stratégies sur ce sujet au sein des Etats membres, tous travaillent à des développements opérationnels, l’open banking étant en Europe, rappelons-le, une obligation réglementaire découlant de la deuxième directive sur les services de paiement. Mais ce n’est pas tout. A l’instar de l’écosystème européen, d’autres régions du monde intègrent progressivement ce nouveau paradigme à l’image des Etats-Unis, de Singapour, ou encore du Brésil. Cette tendance sera donc forcément structurante pour l’écosystème financier mondial. « Au Royaume-Uni, par exemple, l’open banking est intégré dans tous les projets liés au crédit », illustrent les professionnels. De quoi confirmer que l’open banking a toutes les chances de devenir un « must have » dans cette activité financière.

 

Andréa Toucinho