Afrique : Le Mozambique prépare son avenir

Le faible taux d’inclusion financière en Afrique a été pendant longtemps un obstacle pour de nombreuses entreprises, commerçants et autres organismes publics dans l’impossibilité de proposer des solutions de paiement adaptées. Aujourd’hui, la disponibilité du paiement mobile pour régler des factures (d’eau, d’électricité, de téléphone), des frais de scolarité, ou tout autre bien est accueillie avec enthousiasme par les populations africaines. Le Mozambique est l’un des Etats qui s’est illustré dans ce domaine.

Avec un taux de croissance annuel d´environ 7 % depuis une vingtaine d´années, le Mozambique est l’une des économies les plus dynamiques du continent africain et attire un flux important d’IDE (investissement direct étranger) chaque année. D’un point de vue géostratégique, sa position et sa façade maritime sur l’Océan Indien en font un couloir logistique de première importance pour les pays enclavés d’Afrique Australe. Le développement du Mozambique passe par d´importants projets dans les infrastructures, les transports, l´agro-alimentaire et l’énergie avec l’hydroélectricité, le charbon et bien sûr le gaz avec les champs gaziers découverts dans le nord du pays. Depuis 1994, le Mozambique est une démocratie présidentielle, avec un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. De langue portugaise, il bénéficie aussi d’une forte présence sud-africaine, selon les précisions de Société Générale qui a pris début octobre 2015 une participation de 65 % dans le capital d’une banque locale, depuis renommée « Société Générale Moçambique ».

Succès de M-Pesa

La croissance du Mozambique est alimentée en priorité par deux activités : l’agriculture qui se remet progressivement de la sécheresse régionale de 2015-2016, et les industries extractives, en particulier l’augmentation continue des exportations de charbon. De plus, l’investissement direct étranger (IDE) dans l’exploitation gazière du bassin de Rovuma pourrait augmenter. Mais ce n’est pas tout.

Concernant les moyens de paiement, le Mozambique a été marqué, comme d’autres pays du continent, par le succès de M-Pesa. Vodafone M-Pesa, une filiale de Vodacom Mozambique, est l’un des moyens de paiement mobile mais aussi le plus grand fournisseur de services financiers mobiles au Mozambique. Cette solution propose des dépôts et des retraits en espèces, des virements en espèces, des achats de temps d’antenne et de données, plusieurs paiements de services populaires, l’achat d’électricité prépayée (Credelec), un contrôle de solde, etc. ainsi que des transferts en espèces de Standard Bank à M-Pesa et de M-Pesa à Standard Bank. Aujourd’hui, M-Pesa est de loin le plus grand service financier mobile au Mozambique, avec une population qui effectue chaque jour des transactions via cette solution, contournant ainsi le système bancaire. A cela s’ajoute la société panafricaine de technologies financières MFS Africa, qui a lancé des services de transfert de fonds mobiles sur le marché. Rappelons que MFS Africa est le plus grand agrégateur d’argent mobile en Afrique. Il relie plus de 120 millions de comptes mobiles via ses partenariats avec Vodafone, Vodacom Group Limited et d’autres leaders des télécommunications. MFS Africa gère aussi un centre de paiement d’interopérabilité qui connecte les systèmes de porte-monnaie mobiles en Afrique et au-delà pour permettre des transactions transfrontalières, entre devises et entre réseaux. Le Hub se connecte également à un nombre croissant de banques et de sociétés de transfert d’argent, leur permettant d’effectuer des transactions mobiles. De quoi laisser présager des évolutions dans le domaine des transferts de fonds dans le pays. N’oublions pas également les potentialités découlant des réflexions et ambitions des acteurs locaux dans le domaine de l’inclusion financière. A l’image d’autres pays du continent, cet Etat revêt également un potentiel géostratégique non négligeable en raison de sa position géographique et de ses relations commerciales avec différents pays européens et africains. Enfin, les investissements en lien avec le développement des infrastructures sont également à l’ordre du jour dans ce pays, qui vient de signer un accord de financement d’un montant de 80 millions de dollars avec la Banque Mondiale. Selon la Tribune Afrique qui a rapporté l’information le 24 mai 2019 en se basant sur des sources officielles, le prêt en question constitue une première partie d’un financement de 200 millions de dollars qui devrait servir à financer le projet « Energie pour tous au Mozambique ». Objectif : faire passer le nombre de connexions électriques de 300 000 à 450 000 ménages, au bénéfice de plus de deux millions de Mozambicains, d’ici à fin 2019.

Andréa TOUCINHO et Cheikh Dieng

Pôle Études | Partelya Consulting

 

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